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Discours de S.E. l'Ambassadeur d'Israël en France à l'occasion de l'Iftar

"Quel honneur de me tenir parmi vous pour vivre ce moment de connexion et de partage, traditionnellement réservé aux musulmans du monde.  Merci mon ami, très cher Imam Chalghoumi, de nous en ouvrir les délices ce soir."

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Monsieur l’Imam Chalghoumi, très cher ami,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les préfets, les députés et les sénateurs,

Mesdames, Messieurs les maires et les élus de la République françaises,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

Messieurs les Imams,

Monsieur le Grand Rabbin de France, cher Haïm,

Messieurs les représentants communautaires,

Mesdames, Messieurs,

 

Chers amis,

Quel honneur de me tenir parmi vous pour vivre ce moment de connexion et de partage, traditionnellement réservé aux musulmans du monde.  Merci mon ami, très cher Imam Chalghoumi, de nous en ouvrir les délices ce soir.

Cet iftar est d’autant plus précieux qu’il nous réunit aussi nombreux, à une période où des forces multiples tentent de nous diviser et de nous faire croire que le vivre-ensemble, ce caractère primaire de l’Homme, est une vaine utopie, voire même, pour certains, un crime.

Pourtant, comme la plupart d’entre vous, je crois profondément que la réponse aux maux de ce monde est la voie que nous avons empruntée ce soir : celle du dialogue.

En tant que diplomate et à une époque où personne ne s’autorisait à imaginer la paix entre Israël et les pays du Golfe, j’y ai consacré une grande partie de ma carrière. J’y ai œuvré notamment par le développement des relations avec les Emirats Arabes Unis, dont je salue l’Ambassadeur ici présent ce soir dans la salle, et en m’installant au début des années 2000 au Royaume du Bahreïn pour y créer les bases des relations diplomatiques entre nos deux pays.

Ces relations naissantes, il y a plus de 30 ans, ont créé un espace de paix inespéré au Moyen-Orient consacré par les Accords d’Abraham, qui ne demandent qu’à s’étendre. Ce soir, par notre présence, nous faisons vivre cette valeur de communion incarnée par ces accords en rassemblant autour de la même table des nations amies et des peuples cousins.

Ainsi, comment trouver une occasion plus opportune pour parler de coexistence, quand, tant de figures religieuses et diplomatiques du monde arabe et du Moyen-Orient, qui ont décidé d’y prendre pleinement part, sont réunies ce soir. Et je dois dire que l’occasion ne saurait être plus parfaite puisque nous nous rassemblons sous le haut patronage de la République française, qui fait de la coexistence, un modèle de société.

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

Ce n’est à pas vous que j’apprendrais que parler d’espoir, de vivre-ensemble et de paix en ces temps ont mauvaise presse.

Ce n’est pas à vous que j’apprendrais que cet idéal, pour lequel nous nous battons, est en proie à des forces contraires qui cherchent à saboter nos efforts, et à fragiliser les acquis.

Dans cette course effrénée à la déstabilisation, la République Islamique d’Iran et le pompier-pyromane qatari se sont révélés être des acteurs néfastes de premier plan au Moyen-Orient mais aussi, dans les pays occidentaux, où la recrudescence de l’antisémitisme et le soutien débridé au terrorisme en sont les résultats les plus évidents.

Ces ennemis de la coexistence ne sont pas seulement une menace : en exploitant les bonnes consciences, en tirant profit de nos nombreuses faiblesses et en jouissant de l’instabilité générée par les inévitables crises que chacun de nos pays connaissent, ils font partie des plus grands dangers que notre monde ait à affronter.

Pourtant, il n’y a rien d’inné à la haine, ni de fatalité.

Je me prends parfois à rêver de voir le monde au travers des yeux ingénues de mes petits-enfants. Mais à défaut de pouvoir le faire véritablement, je me suis fait la promesse de tout faire pour garder l’innocence de cette merveilleuse génération porteuse d’espoir, qui aura la charge de créer, demain, cette autre réalité. Je veux croire que ce qui nous unira pour l’éternité sera cette promesse d’un meilleur futur.

Cher Imam Chalghoumi,

Lors de notre dernière rencontre, nous nous sommes accordés sur ce que cette année nous apportera. En 2025, nous nous sommes donc autorisés à rêver de paix.

Mais 2025 sera aussi une année de reconstruction, à l’heure où les nuages de guerre commencent à se dissiper au Moyen-Orient.

Je mesure le poids de mes paroles, en me tenant aux côtés des familles de Mohamed Alatrash, de Ran Gvili, d’Idan Stivi, de Nimrod Cohen et de Sahar Baruch, toujours otages entre les mains du Hamas.

C’est dans les ruines des kibboutz meurtris, et de Gaza détruite, qu’il nous faudra faire le choix de la coexistence.

C’est dans ces ruines qu’il nous faudra trouver la force de réparer nos nations déchirées.

C’est dans ces ruines qu’il nous faudra collectivement décider de faire triompher l’humanité sans qu’elle ne sorte abîmée des déchirements sans cesse instrumentalisés.

J’y crois.

Et si vous êtes ici ce soir, c’est que vous aussi, vous y croyez.

Alors, en ce mois divin de Ramadan pour tous les musulmans du monde, que les bénédictions fleurissent et que l’espoir renaisse, avec une certitude qui doit persister dans tous les cœurs :

La lumière finit toujours par vaincre l’obscurité.

Merci à tous et Saha ftourkoum.